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Photo du film "Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué" de Jean-Claude Sussfeld


Sur cet article vous serez informés des mises à jours du blog et vous aurez un accès direct aux articles publiés.

Articles créés (ordre alphabétique)

A
L'argent de poche (1975 - François Truffaut)
Attention, les enfants regardent! (1978 - Serge Leroy)

B
Brodeuses (2003 - Eleonore Faucher)
Broken Flowers (2005 - Jim Jarmusch)
Bully (2001 - Larry Clark)

C
Carnets de voyage (2004 - Walter Salles)
Le cauchemar de Darwin (2004 - Hubert Sauper)
Central Do Brasil (1998 - Walter Salles)
Le cercle parfait (1997 - Ademir Kenovic)
Les clefs de la maison (2003 - Gianni Amelio)
C.R.A.Z.Y (2006 - Jean-Marc Vallee)

D
Disco Pigs (2001 - Kristen Sheridan)
Douze hommes en colère (1957 - Sidney Lumet)
La drôlesse (1978 - Jacques Doillon)

E
The Edukators (2003 - Hans Weingartner)
Elephant (2003 - Gus Van Sant)
L'enfance nue (1970 - Maurice Pialat)
L'enfant sauvage (1969 - François Truffaut)
L'été où j'ai grandi (2005 - Gabriele Salvatores)

F
La faute à Fidel (2006 - Julie Gavras)
For a lost soldier (1993 - Roeland Kerbosch)

G
Good Bye Lenin! (2002 - Wolfgang Becker)

H

I
L'incompris (1967 - Luigi Comencini)

J
Je suis le seigneur du château (1988 - Regis Wargnier)

K
Keane (2005 - Lodge Kerrigan)
Ken Park (2002 - Larry Clark)
Kids (1995 - Larry Clark)

L
Le labyrinthe de Pan (2006 - Guillermo Del Toro)
Last Days (2005 - Gus Van Sant)
Libero (2006 - Kim Rossi-Stuart)
Little Children (2007 - Todd Field)
Le livre de Jeremie (2005 - Asia Argento)

M
Mar Adentro (2003 - Alejandro Amenabar)
La mauvaise éducation (2003 - Pedro Almodovar)

Mean Creek (2004 - Jacob Aaron Estes)
Mort à Venise (1970 - Luchino Visconti)
My own private Idaho (1991 - Gus Van Sant)

Mysterious Skin (2005 - Gregg Araki)

N
Nowhere (1997 - Gregg Araki)

O

P
Papa (2005 - Maurice Barthélémy)
Ponette (1996 - Jacques Doillon)

Q
Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué (1993 - Jean-Claude Sussfeld)
Les Quatre Cents Coups (1959 - François Truffaut)

R
Requiem for a dream (2000 - Darren Aronofsky)
Respiro (2003 - Emanuele Crialese)

S
Un sac de billes (1975 - Jacques Doillon)
Le secret de Brokeback Mountain (2005 - Ang Lee)
Le secret de Kelly Anne (2006 - Peter Cattaneo)
Sciuscia (1946 - Vittorio De Sica)
Shortbus (2006 - John Cameron Mitchell)
Song for a raggy boy (2003 - Aishley Walsh)
Super Size Me (2004 - Morgan Spurlock)

T
Tarnation (2004 - Jonathan Caouette)
Tideland (2006 - Terry Gilliam)
Twelve and holding (2006 - Michael Cuesta)

U
Une fois que tu es né (2005 - Marco Tullio Giordana)
The United States of Leland (2003 - Matthew Ryan Hodge)

V
Le vent se lève (2006 - Ken Loach)
Le voleur de bicyclette (1948 - Vittorio De Sica)

W

X

Y

Z


Mises à jour:
14/03/2006: Création de l'article de "Bully" de Larry Clark


ATTENTION! SPOILERS POSSIBLES! LES SPOILERS NE SONT PAS SIGNALES!

# Posté le mercredi 04 janvier 2006 10:06

Modifié le lundi 30 avril 2007 14:38

Mysterious skin

Mysterious skin
Je voudrais tout d'abord attirer votre attention sur ce film de Gregg Araki, son dernier film. Araki est un cinéaste dans la lignée des nouveaux réalisateurs américains indépendants traitant du sujet de l'adolescence comme Larry Clark ou Gus Van Sant. C'est également le premier film dont Araki n'est pas l'auteur puisqu'en effet, l'histoire est tiré du roman éponyme de Scott Heim.
"Mysterious Skin" est un film traitant d'un sujet très délicat et aussi très casse-gueule chez beaucoup de réalisateurs: la pédophilie.


Synopsis: A huit ans, Brian Lackey se réveille dans la cave de sa maison, le nez en sang, sans aucune idée de ce qui a pu lui arriver. Sa vie change complètement après cet incident : peur du noir, cauchemars, évanouissements...
Dix ans plus tard, il est certain d'avoir été enlevé par des extraterrestres et pense que seul Neil McCormick pourrait avoir la clé de l'énigme. Ce dernier est un outsider à la beauté du diable, une petite frappe dont tout le monde tombe amoureux mais qui ne s'attache à personne.
Il regrette encore la relation qu'il avait établie avec son coach de baseball quand il avait huit ans. Brian tente de retrouver Neil pour dénouer le mystère qui les empêche de vivre.


Araki réalise le miracle de ne jamais tomber dans l'obscénité à travers une subjectivité des scènes assez extraordinaire. Le pathos n'est jamais présent non plus ce qui relève du coup de génie. La psychologie des personnages est extrêmement bien travaillée et les acteurs sont parfaits. Coup de coeur pour Joseph Gordon-Levitt qui interprète Neil McCormick adolescent et pour Brady Corbet qui joue Brian Lackey adolescent.

Le film d'Araki se montre audacieux par la façon dont est traité le sujet: en effet, c'est un des rares films où les véritables sentiments de chaque personnage sont montrés de façon très réaliste et non stéréotypés. Certaines personnes sont choquées par la relation que Neil à l'âge de 8 ans possède avec son entraîneur de base-ball. Ce dernier abusant de l'enfant. Pourtant, l'enfant est amoureux de son entraîneur et le réalisateur le montre dans certaines scène comme étant presque content de ce qui lui arrive. Voilà la critique que j'ai posté sur allociné à ce sujet:
Je suis d'accord sur le fait que l'enfant, dès son plus jeune âge a une sexualité, qui passe par différents stades: le stade oral puis le stade anal (comme l'a dit benjamin) et enfin le stade phallique. Mais cette sexualité s'arrête vers 7 ans. Ensuite, jusqu'à 12 ans environ, se déroule la période de latence, où l'enfant n'est sensé éprouver aucun plaisir sexuel.
Dans le livre "mysterious skin", Neil dit qu'à 8 ans, il était "précoce". Je pense donc qu'il sait au fond de lui que cette relation n'était pas normale et que tous les gosses de 8 ans n'éprouvent pas forcément du désir pour un adulte.
Quelqu'un a dit sur ce topic que peut-être que Neil avait idéalisé cette relation. De cette façon il s'est voilé la face, de la même façon que Brian a occulté la vérité en pensant que des extra-terrestres l'avaient enlevé. Je trouve cette hypothèse assez intéressante. Elle pourrait être démontrée entre autres à la fin du film, où Neil se rend compte du mal qu'il a pu faire à Brian. Il dit qu'il aimerait retourner dans le passé, ou bien disparaître. Le voile qui était devant ses yeux est tombé en voyant la douleur de Brian.
D'après moi, dès le début, Neil est blessé par cette relation même s'il était en effet amoureux de son coach et qu'il l'a désiré. Il suffit de regarder la scène où son coach abuse de lui pour la première fois. Le visage angoissé de Neil prouve bien de son malaise vis à vis de la situation. A un moment aussi, le coach pose la main sur la cuisse de Neil en lui disant "j'ai beaucoup pensé à toi cette semaine". Neil, gêné, lui répond "j'ai faim" avant de se lever. Pour lui, cette relation ne va donc pas de soi, il sent que quelque chose cloche. Son coach essaie de le rassurer, puis Neil qui recherche désespérement l'attention de quelqu'un (image du père absent?), accepte cette relation et devient un peu le "jouet" du coach. Il accepte de faire tout ce que son coach désire, afin de le satisfaire et surtout de ne pas le décevoir. Peut-être même qu'en effet, par la suite il a éprouvé du plaisir avec cet adulte, mais je pense surtout qu'il a éprouvé du plaisir à se sentir aimé (du moins c'est ce qu'il croyait) et désiré par quelqu'un. Pour lui c'était une véritable fièreté.
Pour un enfant donc, désirer un adulte ne signifie pas qu'il veut finir dans son lit, c'est là où s'engageait la responsabilité du coach. Ce n'était au fond qu'un violeur d'enfants, et donc un criminel. C'est là que Brian intervient. Il rappelle à Neil la véritable personnalité du coach et Neil se rend compte alors de qui il était vraiment...

Cette relation est très importante dans le film puisque c'est elle qui "guide" tous les actes de Neil.
Le personnage de Brian est également très intéressant dans la mesure, où comme je l'ai dit ci-dessus, il a complètement occulté le fait qu'il ait été abusé sexuellement 2 fois dans sa vie en se persuadant qu'il a été enlevé par des extra-terrestres. Sa quête de la vérité le mènera sur des fausses pistes qui l'aideront pourtant à se souvenir de quelques morceaux de ces fameux "trous de mémoires" qui l'empêchent de vivre. De plus, contrairement à Neil qui, depuis ces viols, possède une sexualité débridée, Brian, lui, refuse toute sexualité, sans savoir vraiment pourquoi.


Les deux personnages principaux sont donc traités de manière très originale, ce qui fait en partie la force du film. Les personnages secondaires sont eux aussi très intéressants, entre autres les deux amis de Neil: Wendy et Eric. Malgré leurs aspects d'adolescents marginaux et un peu paumés, ils gardent toute leur dignité et on s'attache à eux.

La réalisation au point de vue technique est également très réussie: les fondus au noir qui permettent la transition entre les scènes ajoutent au sombre secret qui planent sur les deux héros. Les courts flash-back de Neil et Brian sont toujours très réussis.

Enfin bref, un film magnifique, certainement un des meilleurs dans son genre (le cinéma d'auteur américain). Un chef-d'oeuvre.

lien allociné: cliquez ici
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Film Interdit aux moins de 16 ans

# Posté le mercredi 04 janvier 2006 10:06

Modifié le mardi 01 mai 2007 02:25

Mean Creek

Mean Creek
Le tout premier long métrage du très prometteur Jacob Aaron Estes. Encore un film sur l'adolescence mais cette fois plus dans la ligné du "Stand by me" de Rob Reiner en 1986. Le sujet traité pourrait être un de ceux de Larry Clark mais avec beaucoup plus de poésie et de grâce.

synopsis: Parce qu'il ne supporte plus de se faire tabasser à l'école par cette brute de George, Sam se confie à son grand frère, Rocky. Ensemble, ils échafaudent un plan pour se venger. Pour l'anniversaire de Sam, ils vont inviter George à une balade en bateau sur une rivière du coin et là, ils lui feront tout payer.
Alors que la journée se déroule comme un rêve d'enfance, le piège se referme. Découvrant George sous un jour nouveau, Sam se rend compte qu'il n'est finalement qu'un gamin mal dans sa peau. Alors qu'il est question d'abandonner l'idée de vengeance, tout dérape et le pire survient...

Donc oui, une histoire qui rappelle le "Bully" de Larry Clark mais qui n'a pourtant rien à voir.
Je pense que le sujet traite surtout de la perte de l'innocence dans un accident qui vous poursuivra jusqu'à la fin de votre vie. Estes filme ça comme une sorte de fatalité: ce qui devait arriver arriva.
En effet, la longue descente des gamins en barque sur la rivière est très poétique mais aussi par certains côtés, angoissante. Ils ne peuvent pas retourner en arrière sans sortir de la barque, ils ne peuvent que stopper leur descente qui est synonyme dans le film, de déchéance.


Je pense que c'est très bien exprimé avec cet exemple: les gamins ont échaffaudé un plan pour venger Sam de Georges. Pourtant, au fil de la balade, quelques-uns se rendent compte que Georges n'est en fait qu'un gamin mal dans sa peau, certainement un peu attardé qui ne tabasse Sam que pour exister vis à vis des autres. Suit alors une sorte de chaîne: Millie, qui est la première à avoir des remords, convaint Sam d'abandonner le plan. Celui convaint alors son grand-frère de tout arrêter qui en parle à un autre des ados qui, lui, dès le départ semble assez contre (en se taisant toutefois). Mais reste Marty, le leader de la bande à convaincre. Tant que tous les membres de la bande ne sont pas convaincus qu'il faille tout stopper, la barque continue de descendre.
Une fois que Rocky, le grand-frère de Sam a convaincu Marty, ce dernier jette l'ancre. La progression vers ce but final est alors arrêtée. La barque s'arrête. Mais peut-être était-ce déjà trop tard car le pire survient: Georges meurt noyé.


Le spectateur n'est pas surpris par cet accident car le réalisateur amène cette mort de la même façon qu'il guide la barque sur la rivière. C'est là que tient tout le génie du film, en plus du jeu formidable des jeunes acteurs. Ils sont tous excellents, avec une mention particulière pour Rory Culkin (frère de Macauley, l'ex enfant-star de "maman j'ai raté l'avion"), Trevor Morgan et Scott Mechlowicz.

Au niveau de la réalisation, là aussi chapeau bas. Le film, notamment la balade en barque est filmée avec la même grâce qu'un souvenir d'enfance, le paysage et la musique y étant pour beaucoup.
Une autre grande idée du réalisateur: filmer la scène de temps en temps du point de vue de Georges le bourreau qui finit par être la victime. En effet, celui-ci est un passionné de vidéo et ne part pas quelque part sans prendre sa caméra. Certaines scènes sont donc filmées à travers la caméra amateur de Georges.


Aucun cliché, une réalisation parfaite, des acteurs extraordinaires. Un de mes coups de coeur de ce genre de cinéma.

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# Posté le mercredi 04 janvier 2006 10:07

Modifié le lundi 04 juin 2007 11:35

Le livre de Jeremie (The heart is deceitful above all things)

Le livre de Jeremie (The heart is deceitful above all things)
"Le livre de Jeremie" (titre orignial: "The heart is deceitful above all things") est le second film de la jeune réalisatrice et actrice, Asia Argento, inspiré du livre éponyme de J.T Leroy. C'est un film qui traite de beaucoup de sujets notamment la maltraitrance, la pédophilie, la prostitution, la drogue... Film emprunt d'une culture rock, voire metalleuse (pas la peine de chercher ce mot dans le dico, il n'existe pas lol) qui n'hésite pas à filmer de façon trash la douleur d'un enfant.

synopsis: L'histoire d'une enfance déchirée, vue par les yeux d'un petit garçon, Jérémie, et de sa mère, Sarah, jeune femme impulsive, insatiable et profondément perdue qui se prostitue pour des routiers sur des aires d'autoroute dans le sud des Etats-Unis.


Le film se déroule en deux parties. La première partie décrit l'enfance de Jeremiah vers 7 ans. Ce dernier vient juste d'être récupéré par sa mère, jouée par Asia Argento elle-même, alors qu'il a vécu jusque là dans une famille d'accueil où il était choyé. Le choc est rude pour un petit garçon de cet âge. Il passe du foyer rassurant de sa famille d'accueil, à un univers sordide contrôlé par une mère droguée qui multiplie les conquêtes éphémères. La réalisatrice est alors très judicieuse dans le choix de sa réalisation. Le film est vu du point de vue de Jeremiah, qui peu à peu s'attache à sa mère, Sarah, qui est la seule personne qui lui reste. L'enfant est trimballé à droite à gauche entre les petits amis de sa mère qui le frappe, et Sarah qui lui donne des acides pour le tenir éveillé... L'ambiance est fiévreuse, très bien retranscrite grâce à un éclairage superbe,et le mal-être du gamin filmé de façon très juste grâce en partie au jeu de l'excellent Jimmy Bennett. Le spectateur est pris de pitié pour cet enfant qui cherche désespérément l'amour de sa mère.

Après le choc visuel de la première demi-heure du film, surgit une scène choquante, mais filmée de façon subjective ce qui produit non pas un dégoût de la part du spectateur, mais un choc psychologique de la même façon que le "Mysterious skin" de Gregg Araki: Jeremiah est violé par un des petits amis de sa mère. Sarah a abandonné son fils qui se retrouve seul avec cet homme qui abuse de lui. La douleur de l'enfant durant l'acte n'est ni représentée par le visage de Jeremiah, ni par des bruitages qui auraient donné un aspect pathétique au film. La réalisatrice utilise alors une des images du roman de Leroy: les corbeaux rouges. Ceux-ci représenteront la douleur de l'enfant durant toute la durée du film, alors que pratiquement jamais, la souffrance n'est exprimée sur le visage de Jeremiah. Un choix audacieux qui fait partie de l'originalité de ce film...

Après ce viol, l'homme abandonne Jeremiah qui est recueilli par ses grands parents, les parents de Sarah. C'est certainement là que le film est un peu cliché: les grands parents bigots catholiques, qui ont plein de gamins.
C'est dans ce cadre là que Jeremiah passe les 3 années suivantes de sa vie.


Démarre alors la deuxième partie du film: Jeremiah, à 10 ans. La scène s'ouvre sur le gamin en train de prêcher la Bible dans les rues d'une petite ville. Sarah débarque alors et récupère son fils. Le film recommence comme lors de la première partie. Jeremiah se relance éperdumment dans la conquête de l'amour de sa mère. Il va jusqu'à s'habiller comme elle, et se comporter comme elle face au petit ami du moment de Sarah. Pendant cette scène, la réalisatrice fait un choix intéressant: alors que Jeremiah, vêtu de la nuisette de sa mère va séduire le petit ami de cette dernière, Asia Argento a choisi de jouer elle la scène. 2 hypothèses sont alors possibles quant au point de vue de cette scène:
_Soit elle est vue du point de vue du petit ami de Sarah, qui, au lieu de voir Jeremiah qui imite si bien Sarah, voit Sarah elle-même.
_Soit elle est vue du point de vue de Jeremiah, qui est complètement dans le rôle de sa mère.
Dans les deux cas, le choix de la réalisation est judicieux.


L'enfant subit une véritable descente aux enfers avec sa mère qui sombre dans la folie. Victime de paranoïa, celle-ci ne l'autorise plus qu'à manger certains aliments et à boire certaines boissons. Elle lui teint les cheveux et les vêtements en noir. L'enfant est prêt à tout pour suivre sa mère, même s'il sait que celle-ci a sombré dans la folie.

Le film est donc très dur, mais ne filme jamais de façon obscène les protagonistes. Certaines sont trash, en effet, et l'interdiction aux moins de 16 ans est là pour le rappeler. Asia Argento montre beaucoup de talent dans la réalisation de ce film mais aussi et surtout un immense talent d'actrice. Jimmy Bennett, qui joue Jeremiah à 7 ans, est lui aussi formidable et tout à fait convaincant. Les jumeaux Cole et Dylan Sprouse qui se relayent pour jouer Jeremiah à 10 ans sont eux aussi très bons, mais ne sont cependant pas aussi naturels que le petit Jimmy Bennett.

Un film choc donc, mais qui fait réfléchir. Une réussite.


Film Interdit aux moins de 16 ans

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# Posté le mercredi 04 janvier 2006 10:43

Modifié le lundi 30 avril 2007 13:14

Requiem for a dream

Requiem for a dream
"Requiem for a dream", le deuxième long métrage du jeune réalisateur Darren Aronofsky est un film traitant d'un sujet assez répandu au cinéma: la drogue. Mais Aronofsky a su traiter le sujet de façon originale en imposant son propre style. Le film est très vite devenu culte chez les cinéphiles.

Synopsis: Harry Goldfarb est un junkie. Il passe ses journées en compagnie de sa petite amie Marion et son copain Tyrone. Ensemble, ils s'inventent un paradis artificiel. En quête d'une vie meilleure, le trio est entraîné dans une spirale infernale qui les enfonce toujours un peu plus dans l'angoisse et le désespoir.
La mère d'Harry, Sara, souffre d'une autre forme d'addiction, la télévision. Juive, fantasque et veuve depuis des années, elle vit seule à Coney Island et nourrit dans le secret l'espoir de participer un jour à son émission préférée. Afin de satisfaire aux canons esthétiques de la télévision, elle s'astreint à un régime draconien. Un jour, elle le sait, elle passera de l'autre côté de l'écran.


"Requiem for a dream" ne se contente pas de décrire l'addiction à l'héroïne, il traite également d'autres formes de dépendances: la dépendance à la télévision, aux médicaments, et de façon un peu moins claire, la dépendance à ses rêves... Chaque personnage de l'histoire est "accro" à quelque chose et chacune de ces addictions mènera les personnages à leur perte.


Aronofsky réussit son pari de ne pas tomber dans les clichés avec brio: loin des pauvres camés pathétiques qui nous inspireraient plus de mépris qu'autre chose, le réalisateur parvient à nous faire aimer les personnages. Ils sont tous très travaillés, chacun possédant ses démons intérieurs qui le fera tomber pour ne plus jamais se relever (ouah c'est beau ce que je viens de dire mdr!).

La réalisation au point de vue technique est elle aussi très originale: une répétition de certaines scènes, notamment lors des prises de drogues afin de montrer l'habitude de ce geste chez ces jeunes. La sublime musique de Clint Mansell ajoute à la grâce de ces corps en perdition...


On compare souvent "Requiem for a dream" à "Trainspotting" de Danny Boyle. Pourtant, ces deux films sont complètement différents bien que traitant du même sujet. "Trainspotting" est beaucoup moins dramatique que "Requiem for a dream". Aronofsky a chosi de traiter le sujet de façon très sombre, les personnages se retrouvant dans des situations de pire en pire. Le film est très pessimiste ce qui, à mon avis, gâche à un peu aux superbes images qu'il transmet.

Au niveau des acteurs, rien à redire. Ils sont parfaits. La révélation de ce film est très nettement Jared Leto qui est tout simplement formidable dans ce rôle plus que difficile. Les autres acteurs sont également très bons.

Un excellent film, mais peut-être pas le meilleur sur le sujet (d'après moi).

# Posté le mercredi 04 janvier 2006 13:09

Modifié le lundi 30 avril 2007 13:15